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La fée du Devin (2ème partie)

Une nouvelle de Gérard Stell, découvrez son blog en cliquant ici

  Les longs soupirs sont les larmes du cœur.

Les Esprits de la forêt

Le marcheur était parti depuis un long moment puisque le soleil terminait sa ronde quotidienne en plongeant vers l’ouest. Sa chaude lumière teintait de rose les troncs des résineux et projetait des ombres de plus en plus longues.

La forêt vosgienne se préparait à une autre vie.

La petite fée aux grands yeux verts était encore toute émue par la magie de cette rencontre. Jamais, dans ses rêves les plus hardis, jamais, elle n’aurait imaginé une situation qui ferait battre son cœur avec tant de force. C’était la première fois…

Elle venait de découvrir un sentiment nouveau, une joie qui lui donnait envie de chanter et de danser. Il y avait aussi la perception d’un état particulier, quelque chose de lointain, mais perceptible, une douce musique qui gonflait son cœur, une langueur faite de larmes de joie.

Serait-ce là ce dont j’ai entendu parler, serait-ce là ce que les anciens appellent le bonheur ?

Elle virevolta sur place et accompagna ses pas aériens d’un chant doux et joyeux à la fois.

Aussitôt, deux boules poilues, brunes et rousses, dévalèrent chacune d’un tronc d’épicéa, pour se dresser sur leurs pattes arrières et parler  à la petite fée. Les couinements animés se mélangeaient, essayant de se couvrir l’un et l’autre, leurs mains minuscules s’agitaient dans l’espoir d’être plus convaincant que l’autre.

- Voilà mes petits amis les écureuils, Moufi et Moufa, toujours aussi agités, bonjour vous… Alors, quelles nouvelles m’apportez-vous de la forêt ? Ah, je vois, vous venez surtout pour ce que j’ai dans ma poche…

Les yeux brillants suivirent les mouvements lents de la main de la petite fée qui prenait son temps, pour mettre à l’épreuve la patience de ses amis.

- Tenez, garnements, mangez et cessez ce tapage !

Elle leur donna une poignée de faines et de noisettes, qui, en un instant gonflèrent les joues des deux écureuils pour les faire ressembler à deux ballons poilus.

Le soleil avait maintenant dévalé les pentes de l’autre côté des Vosges, l’étang du Devin commençait à disparaître dans un bleuté de plus en plus foncé ;

Une première étoile apparut en même temps qu’une fine couche de brume rampait sur le sol.

La petite fée resta longtemps immobile. Avec la nuit venue, une vague de doutes et de craintes lui étreignirent la poitrine. Et si le marcheur ne revenait pas ? Si ses mots n’étaient que des paroles en l’air ? Et elle, n’avait-elle pas, tout simplement imaginé ces paroles ? N’avait-elle pas projeté son désir, sa soif d’amour dans un vide ? Un vide sans écho ?

La petite fée savait, au fond de son cœur, que toutes ces mauvaises pensées n’avaient aucune raison d’être, mais qu’il fallait se protéger. Tout simplement, parce qu’il est si dur de croire au bonheur quand on ne l’a jamais connu.

Il lui fallait attendre le retour du marcheur, être patiente, encore patiente, invoquer les esprits de la forêt en plaidant sa cause. Rien n’est facile, hélas…

Qu’il aurait été simple de suivre le marcheur ! 

Cela aurait été sans compter sur la volonté des Grands Esprits de la forêt, réunis en comité exceptionnel, il y a de nombreuses lunes, afin de décider de la répartition des fées dans le massif vosgien. L’étang du Devin fut attribué à la petite fée aux grands yeux verts. A elle le mandat de veiller à la beauté et l’harmonie de toute chose autour de l’étang. Une interdiction formelle de sortir de son territoire, assortie de sanctions terribles en cas de désobéissance, la liait à jamais. A peine aurait-elle fait quelques pas en dehors du périmètre magique, que les Grands Esprits de la forêt l’auraient déchue de sa qualité de fée, pour la condamner à vivre au fond du Lac Noir.

Une multitude d’étoiles scintillaient sur un ciel noir d’encre, certaines, peut-être à la recherche d’une amie, clignotaient au rythme d’un cœur qui bat.

Le sous-bois s’animait maintenant, avec tant de grattements de petites pattes, de grognements de sangliers fourrageant sous les hêtres, de claquements sourds de sabots sur l’épais tapis d’aiguilles, que la forêt paraissait presque bruyante.

La grande activité nocturne se calma enfin, juste au moment où la petite fée aux grands yeux verts décida de se coucher.

Elle avait un abri dans une grotte au plafond bas, peu profonde, ce qui lui permettait de voir un pan de ciel étoilé, avant de s’endormir. Elle s’allongea sur une couche faite de feuilles et de mousses, de plumes aussi, et posa sa tête sur un oreiller tissé par ses amies les araignées.

Elle ferma les yeux, soupira, et ne put retenir une larme. Une pensée fugitive et insidieuse l’avait effleurée. Un doute venait l’accabler, encore une fois. Et si le marcheur ne revenait pas ?

Plus tard, alors qu’elle s’était endormie, torturée par des soupirs et des ébauches de sanglots, une lumière bleue vint illuminer la grotte.

Une dame d’une grande beauté, irradiant douceur et bonté, regarda longuement la petite fée. Elle écouta les soupirs, avec un petit hochement de tête qui traduisait sa compassion.

L’apparition s’appelait Ida la Généreuse, mère de toutes les fées des Vosges, qui visitait tour à tour, ses protégées.

Sa mission revêtait une grande importance, car elle devait veiller à la bonne marche de la forêt. Toute chose devait trouver sa place, que ce soit vivant ou végétal, tout, sans exception, devait suivre les règles édictées par les Grands Esprits de la forêt.

Etrange forêt, profonde, secrète et mystérieuse…

Seuls les initiés auraient pu détecter leur présence, ou alors des curieux très inspirés. Autant vous prévenir, vous, lectrices et lecteurs, surtout occupés à regarder vos pieds, lorsque vous marcherez dans cette forêt magnifique, levez vos yeux vers les cimes des épicéas et des sapins les plus hauts, les plus vigoureux. Vous y verrez un anneau presque transparent, fait de l’haleine des Esprits de la forêt. Rien ne leur échappe, rien ne se fait sans leur accord, et tout différend trouve une solution, jamais remise en question. Ne vous y trompez pas, cette belle unanimité trouve cependant, parfois ses limites. Pendant d’âpres discussions, la cime des arbres se fond dans une épaisse couche d’haleine blanche, presque aussi dense que de l’écume de mer.

Toutes les petites fées des Vosges, réparties sur l’ensemble du massif, appliquaient à la lettre les directives des Esprits. C’est Ida la Généreuse qui était chargée de veiller avec doigté, sur ce monde merveilleux. Cependant, comme toute mère affectionnée, la fée éprouvait une tendresse particulière pour la petite fée aux grands yeux verts. Elle était à chaque fois émue par la sincérité naïve de sa protégée, par ses emballements de joie. Aussi, par la pureté de ses sentiments.

C’est Melissa, la mésange bleue qui vint l’avertir des tourments de la petite fée.

Ida se perdit en conjectures. Jamais, de mémoire de fée, elle n’avait eu à gérer une telle situation. Les petites fées ne pouvaient pas être amoureuses, elles n’apparaissaient jamais aux simples mortels. Voilà une énigme qui la dépassait, malgré sa grande connaissance de la vie.

Elle eut une vision fugitive qui lui coupa la respiration. Serait-il possible que la force de l’amour soit la cause de l’apparition de la petite fée, que cette force à elle seule aurait permis au marcheur de voir les grands yeux verts ? Cette possibilité semblait si incroyable, si contraire à toutes les règles, que la mère de toutes les fées alla s’asseoir sur un rocher, émue, bouleversée par ce qu’elle venait de découvrir : l’amour, la force et les tourments de l’amour.

Elle-même en avait entendu parler, mais si vaguement qu’elle avait toujours cru qu’il ne s’agissait, au mieux, que d’une légende, au pire, de ragots colportés par les vents venus de la Forêt Noire.

Ida la Généreuse réprima un haut le cœur, la main devant la bouche. Elle comprenait que les implications de ce qu’elle savait pourraient être terribles, aller jusqu’au bannissement au fond du Lac Noir. Elle ne pouvait pourtant faire autrement que d’en référer aux Esprits de la forêt. Quelle serait leur réaction ? Il allait falloir être très diplomate et convaincante pour ne pas heurter les Esprits. La difficulté ne viendrait pas de Hector qui supervisait le sud du massif, ni de Victor qui faisait régner sa loi sur le nord des Vosges. Non, celui avec le plus mauvais caractère, celui qui avait toujours à redire, Nestor, pour qui l’étang du Devin était comme la prunelle de ses yeux, risquait d’être un mur d’incompréhension.

Ida la généreuse avait besoin d’un conseil, l’affaire s’avérait trop grave. Jeremy, le Grand Duc, pouvait lui être d’un grand secours.

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Loin de là, dans une ville bruyante, le marcheur se réveilla brusquement. Un cauchemar le propulsa hors du lit, haletant, catastrophé. La vision de la petite fée aux grands yeux verts échappait à sa mémoire. Il avait beau se concentrer, plisser le front, taper du poing sur l’oreiller, rien n’y faisait. Le visage de la petite fée s’estompait dans un flou qui générait des gémissements d’impuissance. Par intermittence seulement, les yeux verts  parvenaient à percer le brouillard moqueur.

Le marcheur était épuisé, dormait à peine, mangeait mal, tant la vision de l’étang du Devin l’avait chaviré. Il savait, toutes les fibres de son corps lui envoyaient le même message : ce n’était pas la rencontre d’un amour, non, c’était la révélation d’un amour immense, unique, un amour qui ne se présente qu’une fois dans toute une vie. Un amour vorace qui écrasait toutes les fausses certitudes, un amour exigeant, certes, mais prometteur d’une autre vie.

Il s’habilla, les mains tremblantes, balbutiant des mots incohérents. Comme la plante dans l’ombre qui se dresse pour capter le soleil salvateur, il devait se rendre au Devin, il devait revoir l’apparition magique. Il lui fallait se raccorder à la source de la vie, de sa vie.

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La petite fée aux grands yeux verts s’éveillait au son d’une dispute entre geais très mal élevés. Elle sortit de la grotte, se frotta les yeux et tendit son corps si frêle. La rosée du matin brillait comme un lit de diamants, accrochés au tapis dense des myrtilles ;

Elle se souvint avec un petit soupir de sa peine de la veille, mais, grâce au soleil qui chassait les ombres, elle ressentit un afflux de confiance, sans pouvoir en expliquer l’origine. Le marcheur commençait à vivre dans son cœur, il prenait déjà tant de place…

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Ida la Généreuse tira sur une plume de Jeremy le Grand Duc, qui aimait jouer à l’endormi, comme ça, pour le plaisir. Il s’était promis depuis longtemps de taquiner Ida, histoire de la faire sortir de ses gonds. Il avait beau essayer, il n’y arrivait pas. Il renonça et demanda sur le ton bougon habituel,

- Ida la Généreuse, mère de toutes les fées, je te salue. Ce n’est sûrement pas pour voir un vieux grognon comme moi, que tu me rends visite. J’imagine que ce doit être sérieux. Je t’écoute.

La mère de toutes les fées savait qu’elle pouvait avoir une confiance totale en Jeremy Elle parla longuement.

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La petite fée du Devin commença son tour quotidien de l’étang, en saluant au passage tous ses amis. Elle s’arrêta un instant, le cœur chaviré, devant le tronc d’arbre que le marcheur avait utilisé comme banc et comme dossier. Deux grosses larmes roulèrent sur ses joues. Il reviendra, il reviendra…

Le marcheur gravit la pente, une pente qui inspirait douceur et espoir. Jamais ses pieds n’avaient été si légers, jamais l’air n’avait été si parfumé. Jamais la nature n’avait été si belle. Il descendait maintenant le chemin en pente qui menait à l’étang. L’émotion lui broya la poitrine, il avança dans un brouillard  de larmes. De larmes de bonheur.

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