L'Etang du Devin

Newsletter

Pour connaître les nouveaux séjours et toutes les offres de L’Étang du Devin, abonnez-vous à notre Newsletter!
captcha 

Les Hôteliers Randonneurs

  • Les Hôteliers Randonneurs
    Les Hôteliers Randonneurs L'établissement l'Etang du Devin est partenaire des Hoteliers Randonneurs Séjour de Randonnée, Vélo et Raquettes Dans les montagnes de France : Alpes, Vosges ou Auvergne Formules tout compris de randonnée…

Assurance annulation séjour

Un empechement serieux peut survenir, souscrivez l’assurance annulation

Conditions générales et bulletin d'adhésion cliquez-ici.

La fée du Devin (4ème partie)

Une nouvelle de Gérard Stell, découvrez son blog en cliquant ici

La révélation du lac

Hansi

La petite fée aux grands yeux verts terminait son deuxième tour du lac de Gérardmer.

Elle alla s’asseoir sur un rocher plat qui saillait dans l’eau calme. Le soleil couchant embrasait les vitres des hôtels à l’autre extrémité du lac.

Elle regarda sa silhouette projetée sur le miroir translucide et s’amusa à balancer la tête pour en suivre les mouvements. Un banc de petites perches sembla s’en amuser aussi, en suivant l’ombre mouvante. La petite fée fit un signe de la main, ce qui incita les poissons à virer de direction, pour se fondre dans l’eau plus profonde.

Elle resta immobile, plus interrogative qu’attristée. Le discours de la mère de toutes les fées, Ida la Généreuse, l’avait d’abord troublée, puis elle eut la tentation de protester. Très vite, elle comprit que c’était inutile, qu’elle irait à l’encontre d’une volonté supérieure. De toute façon, une petite fée ne se rebellait pas, car cela ne se faisait pas, tout simplement. Et puis, les arguments furent présentés avec tant de douceur et d’espoir aussi, que la sanction s’imposa d’elle-même. Il suffisait d’attendre un peu, lui expliqua Ida. Il fallait apprendre à dompter l’impatience.

-       Profites de ta présence dans cet endroit que tu ne connais pas, noue de nouvelles amitiés. Tu en auras peut-être besoin dans le futur. Ce lac est si beau, apprends à l’aimer, il te le rendra.

Après une hésitation, elle ajouta :

-Tu auras une surprise, une bonne surprise, si tu sais patienter. Il te suffit de rester confiante, n’est-ce pas ?

Assise sur son rocher, la petite fée laissait son imagination vagabonder. Une surprise ? En rapport avec le marcheur ? Serait-ce possible ?

Elle ne l’avait rencontré qu’une seule fois, une fois qui aura suffi à graver le visage du marcheur, dans son cœur et dans son esprit. Elle y pensa si fort, là, assise sur le rocher, qu’elle crut l’apercevoir, juste sous la surface du lac. Elle céda alors à un réflexe irrépressible.

La petite fée aux grands yeux verts saisit le filet laissé par un pêcheur, au fond de sa barque. Elle se dressa et d’un geste ample, jeta le filet comme s’il s’agissait d’un épervier.

Elle attendit, pleine d’un espoir irraisonné et tira sur les mailles. Le filet ramena des herbes et de nombreuses gouttelettes. Elle y crut jusqu’à la fin, mais dut se rendre à l’évidence. Elle n’avait capturé qu’une illusion.

L’attente avait été si forte, l’émotion si brutale, que la vue du filet vide l’écrasa. Elle éclata en sanglots, serrés, brûlants.

C’était la première fois qu’elle pleurait.

Elle crut se vider, elle crut que sa vie s’écoulait en traçant un sillon vers le lac. Un banc de gardons l’observa. Les poissons aux belles nageoires rouges encourageaient la petite fée, en ouvrant la bouche, d’où sortaient de nombreuses bulles d’air. Seul un esprit bien instruit aurait su comprendre les paroles d’apaisement des gardons.

La petite fée se calma, les larmes se tarirent, en même temps qu’une grande lassitude lui tombait sur les épaules. De longs soupirs saccadés agitaient encore sa poitrine, quand elle sentit une main se poser sur son bras.

Etonnée, mais pas effrayée, car elle était invisible aux yeux des humains, elle tourna la tête, et vit un bien étrange personnage.

Certes, elle connaissait bien Clopin et Clopan, les deux lutins, qui souvent lui jouaient des tours, mais le personnage debout à ses côtés ne ressemblait en rien aux deux garnements.

Il était un peu plus grand que les lutins, avait un visage à la peau pâle, entouré de cheveux blonds ondulés. Ses yeux, d’un bleu intense, pétillaient de gentillesse.

La petite fée aux grands yeux verts savait par Ida la Généreuse que le massif des Vosges était habité par de nombreuses petites fées, comme elle, mais elle n’avait jamais entendu parler de grand lutin blond. Pourtant, la mère de toutes les fées devait bien savoir, non ?

-       Alors, il est fini ton grand chagrin ?

La petite fée ne répondit pas, encore trop étonnée pour parler.

-       Ton chagrin t’aurait aussi coupé la langue ? Tu pourrais peut-être me dire bonjour, pour commencer.

-       Mais… je ne te connais pas, qui es-tu ?

-       Voilà, c’est mieux, ça aurait bien été ma chance de rencontrer une petite fée muette ! Qui suis-je ? Hélas, je ne peux pas te répondre, c’est un secret…

-       Un secret ? Tu me fais marcher, ça n’existe pas, pas entre nous. Je n’ai jamais entendu parler de toi, alors, raconte-moi.

-       Te voilà bien remontée maintenant. Fini le chagrin, place à la curiosité !

-       Ne m’en veux pas, je me croyais seule. Ton apparition est tellement surprenante…

-       Vois-tu, je te suis depuis le premier jour de ton arrivée. Je fais le tour du lac, sur tes talons, une fois dans un sens, ensuite dans l’autre sens. Je te regarde, et je vois bien que tu es triste. Tu as été punie, non ?

-       Oui, mais je ne dois pas en parler. Ida la Généreuse me l’a interdit.

-       Ah oui, Ida, je ne la connais pas, mais on dit qu’elle est très bonne, qu’elle est la mère de toutes les fées. Elle est donc ta mère ?

La question surprit la petite fée. Elle fronça les sourcils et haussa les épaules, prise de court.

-   Bien sûr, puisqu’elle est la mère de toutes les fées, drôle de question. Toi aussi tu as une mère, non ?

Le visage du petit homme se ferma, ses yeux brillèrent. Il tourna la tête sur le côté et s’absorba dans une vision intérieure. Il soupira, et en se retournant, dit à voix basse :

-       Je ne sais pas si j’ai une mère. Tu sais, cela fait si longtemps que je suis ici, que je ne me souviens pas. Pourtant…

-       Pourtant quoi ? Dis-moi, c’est entre nous.

-       J’ai parfois un rêve, toujours le même, chaque année… On m’appelle dans la nuit. Hansi, Hansi, que j’entends. J’ouvre les yeux, mais je ne sais pas si c’est en rêve, ou pour de vrai. Je vois le visage si beau d’une femme aux longs cheveux blonds. Je vois beaucoup de peine et d’amour dans son regard. Je tends les bras pour l’attirer à moi. J’entends alors, une voix d’homme, grave supplier :

-       Je t’en prie Ingrid, cela suffit, tu vas finir par réveiller notre Hansi. Tu reviendras l’année prochaine, promis. On s’en va maintenant. Tu as un long voyage jusqu’à la Forêt Noire.

-       Comme c’est étrange… Mais alors, ta mère s’appellerait Ingrid ? Et toi, Hansi ? Ce n’est peut-être pas un rêve, tu sais. Et même, souvent, les rêves ne sont que des messages qu’il faut savoir écouter et comprendre. Je connais donc un Hansi, en plus d’un Clopin et d’un Clopan. Que veux-tu faire Hansi ?

     Il montra le lac du doigt, puis les sommets boisés.

-       Je vais te faire les honneurs du lac, de ses environs et nous monterons jusqu’aux chaumes, voir les chamois. Je suis ton guide.

-       Euh, oui, mais je ne dois pas m’éloigner trop, ce serait grave ;

-       Pas de problème, je connais les limites permises. On y va ? Tiens, tu connais ces poissons qui nous regardent ?

-       Non, ils sont drôles, on dirait qu’ils ont un pyjama à grosses rayures vertes.

-       C’est rigolo ce que tu dis, ce sont des perches, et les autres là, avec les belles nageoires rouges, ce sont des gardons. Tu vois là-bas ces cercles qui se forment à la surface, ce sont les carpes qui fouillent le fond

Un peu plus loin, ils observèrent la précision d’un martin-pêcheur au plumage riche en couleur.

-       Oh ! une cigogne grise !

Mais non, c’est un héron cendré, il cherche des poissons ou des grenouilles. Viens, on va monter dans les chaumes.

Ils montèrent les pentes raides en s’amusant à louvoyer entre les arbres élancés.

-       Tu vois ce feuillage magnifique ? Ce sont des érables sycomore, leur présence veut dire que nous sommes à plus de 1100 mètres d’altitude. On arrive aux chaumes.

Une vaste étendue d’herbe serrée et courte recouvrait tout le sommet de la montagne. Quelques touffes de fenouil sauvage agrémentaient l’uniformité du paysage. Une harde de chamois paissait, regroupée autour de femelles observant les environs.

-       Qu’ils sont beaux ! Les petits qui se donnent des coups de tête sont trop mignons !

Lorsqu’ils revinrent vers le lac, la petite fée ne tarissait pas de remerciements. Elle avait découvert un monde nouveau et avait appris à reconnaître tant de choses inconnues. Hansi, lui, bombait le torse, fier d’avoir su intéresser la petite fée ;

-       Dis-moi, petite fée, si moi je m’appelle Hansi, il faudrait que toi aussi tu aies un nom, ce serait plus pratique, tu ne crois pas ?

-       En voilà une idée curieuse… Mais tu as raison. Seulement, je n’ai jamais eu de nom particulier, alors…

-       Ecoute, je vais t’en proposer un, tu vas l’essayer et tu le garderas s’il te convient, d’accord ?

-       Tu proposes quoi ?

-       Je pense à Gladys, il me semble que ce nom te va très bien, non ?

-       C’est une étrange sensation d’avoir un nom. J’aime…

Nos partenaires

  • Les Hôteliers Randonneurs
    Les Hôteliers Randonneurs L'établissement l'Etang du Devin est partenaire des Hoteliers Randonneurs Séjour de Randonnée, Vélo et Raquettes Dans les montagnes de France : Alpes, Vosges ou Auvergne…
Découvrez tous les Plus de l'Etang du Devin

Découvrez les Plus de l'Etang du Devin

  • Relaxez-vous à l'Etang du Devin
    Relaxez-vous à l'Etang du Devin Après une randonnée, une journée de ski, une ballade en raquette, envie de chaleur et de détente? Pourquoi ne pas profiter d'une séance au sauna…
Découvrez tous les Plus de l'Etang du Devin

Suivez-nous sur icon-comment-fb